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Randy De Puniet « J’ai encore envie d’aller chercher une victoire sur une course de 24 heures »

Ancien pilote MotoGP, Randy de Puniet participe aujourd’hui au championnat du monde d’endurance avec le team ELF Marc VDS KM99. Également consultant Canal+, le Français avance sur tous les fronts.

À 45 ans, qu’est-ce qui vous pousse encore à courir à moto ?

Le plaisir de la compétition, tout simplement. Et surtout l’envie d’aller encore chercher une victoire en endurance, notamment sur une course de 24 Heures. C’est quelque chose qui me motive toujours.

Quand on a connu le MotoGP, quel plaisir trouve-t-on à rouler en endurance avec des motos beaucoup plus proches de la série ?

Une fois que tu as accepté le fait que tu ne rouleras plus sur une MotoGP, tu as finalement deux possibilités : soit tu arrêtes complètement, soit tu continues avec des motos de Superbike ou en Championnat du monde d’Endurance. Moi, je prends toujours du plaisir à rouler. L’EWC me permet de continuer à disputer quatre courses dans la saison tout en ayant, à côté, mon activité de consultant. C’est un bon compromis. Cela me permet aussi d’arrêter progressivement la moto, en douceur, plutôt que de couper complètement du jour au lendemain.

Quelles sont aujourd’hui les forces et les faiblesses de l’équipe ?

Il nous manque encore un peu d’expérience. L’équipe est relativement récente, même si elle dispute déjà sa troisième ou quatrième saison. L’arrivée de Marc VDS a apporté beaucoup de choses, aussi bien techniquement qu’en matière de budget ou de prestige. C’est évidemment important pour faire progresser le projet. Mais lorsqu’on veut rivaliser avec les équipes de pointe, celles qui sont installées en endurance depuis très longtemps et qui possèdent énormément d’expérience, on se rend compte que ce n’est pas si facile. Il faut acquérir tous ces automatismes et cette expérience. On espère pouvoir y arriver rapidement.

Vous avez aussi une longue histoire avec ELF. Qu’est-ce que cela représente de retrouver aujourd’hui ces couleurs ?

Mon histoire avec ELF a commencé en 1998, lorsque j’étais pilote Honda France et que je disputais le Championnat de France et le Championnat d’Europe. Ensuite, j’ai également roulé aux couleurs d’ELF en Grand Prix, notamment en MotoGP avec LCR. Il y a également eu toute l’histoire avec ELF et Kawasaki. C’est donc une marque française qui m’a accompagné et soutenu pendant de nombreuses saisons de ma carrière. Forcément, revenir aujourd’hui sous les couleurs d’ELF me fait plaisir. Et comme je pense que cette équipe sera probablement la dernière de ma carrière, je devrais porter ces couleurs jusqu’au moment où j’arrêterai définitivement de courir.

Vous êtes également ambassadeur ELF…

Oui, je participe à quelques événements lorsque mon emploi du temps me le permet.

L’année dernière, j’avais par exemple participé à la Sunday Ride Classic. Cette année, malheureusement, je n’ai pas pu y être parce qu’il y avait une concordance de dates. On verra si je peux y retourner l’année prochaine.

Votre activité de consultant est devenue une partie importante de votre vie. Est-ce un métier que vous appréciez vraiment aujourd’hui ?

Oui, parce qu’il y a une bonne équipe et que tout est très professionnel.

J’aime analyser ce que je vois, essayer d’anticiper ce qui peut se produire en piste et apporter le maximum d’informations possibles aux téléspectateurs. J’essaie d’expliquer les choses calmement et simplement, tout en portant un regard et en donnant des informations qu’ils n’auraient peut-être pas si je n’étais pas là. C’est ce que j’essaie d’apporter grâce à mon expérience de pilote.

Ce métier vous a-t-il aussi aidé à accepter progressivement la fin de votre carrière en Grands Prix ?

Complètement. Lorsque j’ai commencé comme consultant, en 2016, j’ai eu un peu de mal à entrer réellement dans ce rôle. Je venais juste d’arrêter de courir en Grands Prix et je réalisais encore des essais en MotoGP. À cette époque, j’estimais que j’avais encore ma place dans le paddock en tant que pilote. J’avais donc encore une certaine frustration. À un moment, j’ai même envisagé d’arrêter complètement le rôle de consultant et de rester uniquement en plateau à Paris. Puis, petit à petit, mon état d’esprit a changé. Lorsque j’ai véritablement compris et accepté dans ma tête que revenir en MotoGP comme pilote était devenu hors de portée, cela m’a permis de basculer complètement dans mon nouveau rôle. À partir de là, j’ai pu apprécier pleinement ce métier de consultant.

Vous continuez donc à courir en endurance tout en ayant déjà préparé l’après-carrière…

Oui, et c’est justement pour cela que l’équilibre me convient bien aujourd’hui. J’ai encore la compétition avec quelques grandes courses dans la saison et, en parallèle, mon activité de consultant. Cela me permet de conserver ce plaisir de piloter et cette adrénaline de la compétition sans avoir la charge d’une saison complète comme auparavant. Et tant que j’ai encore cette envie, notamment celle d’essayer de gagner une grande course d’endurance, je trouve intéressant de continuer.

Vous qui suivez de près le MotoGP, que pensez-vous du changement de règlement à venir ?

C’est difficile à prévoir parce qu’on entend beaucoup de choses. Ce que j’espère surtout, c’est que ce nouveau règlement permettra à toutes les marques de redevenir compétitives. Il y aura beaucoup de changements, mais pour moi, le plus important n’est probablement pas la diminution de la cylindrée. Le changement principal sera celui des pneus.

Pourquoi ?

Parce que les pilotes vont devoir complètement s’y habituer. Certains ont connu les Bridgestone puis les Michelin, avec des carcasses très rigides. Les Pirelli sont très différents. Cela va demander une adaptation importante dans la manière de piloter et de comprendre la moto. À l’inverse, cela pourrait favoriser les jeunes pilotes qui arriveront du Moto2 parce qu’eux connaissent déjà ce type de pneumatiques. Ils auront peut-être moins de choses à découvrir lorsqu’ils monteront en MotoGP.

Les autres changements réglementaires vont-ils aussi dans la bonne direction selon toi ?

Je pense que oui. Il y aura moins d’aérodynamique et moins de systèmes embarqués permettant notamment d’abaisser les motos. Je trouve cela intéressant parce que les motos devraient redevenir un peu plus vivantes. On pourrait aussi retrouver davantage d’écarts au chrono. Aujourd’hui, tout le monde est extrêmement proche. Avec des motos un peu moins assistées et peut-être plus difficiles à exploiter, le pilote pourrait de nouveau réussir à faire un peu plus la différence. Personnellement, je trouve cette évolution intéressante.