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Des motos dérivées de la série

Inventé aux Etats-Unis, le championnat du monde de Superbike met aux prises des machines à moteur 4-temps dérivées de la série. Eddie Lawson, Wayne Rainey et Kevin Schwantz y ont fait leurs classes dans les années 80 avant de devenir tous les trois champions du monde 500. Encouragé par les constructeurs qui y ont vu très vite le moyen de promouvoir leurs motos du commerce, le Superbike s’est doté d’un championnat du monde en 1988. C’est l’Américain Fred Merkel qui fut le premier à inscrire son nom au palmarès de la compétition. En plus de vingt ans, cette discipline a couronné de nombreuses stars du sport moto : Carl Fogarty, Scott Russell, John Kocinski, Colin Edwards, Troy Bayliss, Ben Spies et plus récemment Jonatha Rea, sextuple champion du monde de rang avec Kawasaki. Avec la disparition de la catégorie 500, le Superbike est devenu au fil des ans la compétition majeure de nombreux championnats nationaux. Le plus relevé est aujourd’hui le championnat britannique. Le BSB pour les initiés. Carl Fogarty a beaucoup fait pour la popularité de la discipline en Angleterre. Neil Hodgson, James Toseland et aujourd’hui Cal Crutchlow ont suivi la filière du Superbike avant d’arriver en MotoGP. Pour les constructeurs, ce championnat du monde permet de mettre en valeur les motos du commerce en s’engageant à moindres frais et avec plus de chance d’être compétitifs. La saison 2021 du championnat du monde Superbike comporte douze épreuves. Chacune d’elle se court en deux manches d’environ 100 km à l’issue desquelles les 15 premiers inscrivent des points pour le classement du championnat. Une troisième course, plus courte, appelée Sprint, est organisée le dimanche matin entre les deux manches classiques organisées le samedi après-midi pour la première, le dimanche après-midi pour la seconde. Seuls les dix premiers du Sprint inscrivent des points, la moitié de ceux distribués durant les deux autres manches. Comme le Moto2 en Grands Prix, le championnat du monde Supersport tient lieu de classe support pour le Mondial Superbike. Cette compétition se déroule avec des 600 cm3 dérivées elles aussi de la série. Contrairement au Superbike, chaque épreuve ne se dispute que sur une seule course. Depuis 2018, le Supersport 300 s’est ajouté au programme. Le calendrier de cette nouvelle classe destinée aux tout jeunes pilotes est réduit aux seules épreuves européennes du Mondial Superbike.

Elf et le Superbike

Partenaire de l’équipe KRT, la marque Elf bénéficie en Superbike d’un champ d’expérimentation différent de celui du MotoGP. « Déjà, le règlement est plus restrictif et on ne peut pas faire évoluer le carburant en cours de saison, précise Romain Aubry, le coordinateur technique de la direction compétition de la Compagnie TotalEnergies. De plus, en Superbike, avec un réservoir de vingt-quatre litres et des courses plus courtes, nous sommes beaucoup moins à la limite en termes de consommation. Nous pouvons donc nous consacrer en priorité à la recherche de la performance. »

Elf et Kawasaki proposent par ailleurs des produits très pointus pour les clients de la marque japonaise. Depuis la fin des années 2000, un lubrifiant de couleur verte associé à l’image Kawasaki a été spécifiquement développé. Une nouvelle famille de “lubes” est ainsi née. Des produits de technologie de synthèse qui répondent aux critères d’homologation les plus exigeants avec en prime cette couleur “green lime” vert fluo. Cette gamme de produits Vent Vert séduit aujourd’hui de nouveaux marchés, comme celui de la Thaïlande où sont assemblés certains modèles Kawasaki.

Les enjeux 2022

Après avoir décroché six titres de champion du monde de rang, Jonathan Rea a dû s’incliner l’an dernier face à Toprak Razgatlioglu. Battu par le Turc au terme d’une saison où les deux rivaux n’ont cessé de se rendre coup pour coup, le pilote Kawasaki n’aura d’autre objectif cette année que de récupérer sa couronne. En quête d’une septième étoile, Jonathan Rea pourra compter sur le travail réalisé durant l’hiver par l’équipe KRT. La moto du Britannique a notamment évolué en châssis et en électronique. Et les tests hivernaux réalisés en Espagne et au Portugal ont confirmé les progrès de la Kawasaki ZX-RR. « On cherche à avoir une moto plus efficace en pneus usés, a commenté Rea. L’objectif est de pouvoir faire la différence en fin de course. » Si Toprak Razgatlioglu et sa Yamaha s’annoncent à nouveau comme de sérieux adversaires, le sextuple champion du monde ne manquera d’opposition. Honda alignera une toute nouvelle équipe avec deux transfuges des Grands Prix : Iker Lecuona qui courrait l’an derner en MotoGP avec le team Tech 3 et Xavi Vierge qui évoluait lui en Moto2. Alvaro Bautista retrouve ainsi l’équipe Ducati au côté de Michael Rinaldi. Un autre pilote du championnat Moto2 débarque en WSBK en la personne d’Hafizh Syahrin.

Le Malaisien disposera lui aussi d’une Honda. Le camp BMW se renforce également avec le retour de Loris Baz qui courait l’an dernier aux Etats-Unis, et le recrutement de Scott Redding. Le Français fera équipe avec Eugene Laverty alors que le Britannique évoluera lui au côté de Michael Van der Mark. De son côté, le team Pucetti fera de nouveau confiance à Lucas Mahias. Le calendrier 2022 comportera douze épreuves. La saison débutera le 10 avril en Espagne, sur le circuit d’Alcaniz, et se terminera normalement en Australie à la fin du mois de novembre.

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