CLX Car 37
Actus

Des teenagers à 300 km/h dans les Hunaudières

A 19 ans seulement, le Danois Theodor Jensen, le Mexicain Ian Aguilera et le Français Adrien Closmenil ont disputé leurs premières 24 Heures du Mans au volant du prototype LMP2 CLX Motorsport N°37 aux couleurs d’ELF. Une aventure extraordinaire pour le plus jeune équipage de l’histoire des 24 Heures du Mans et une cinquième place de catégorie.

Qui était le plus âgé et le plus jeune le jour du départ des 24 Heures du Mans 2026 ?

Theodor : C’est moi le plus âgé des trois. Le 13 juin dernier, j’avais exactement 19 ans, 11 mois et 14 jours

Ian : Moi je suis le plus jeune : 19 ans, 2 mois et 30 jours quand j’ai pris le départ de la course.

Adrien : Je suis entre mes deux équipiers : j’avais 19 ans, 4 mois et 25 jours samedi 13 juin 2026.

Vous n’aviez pas encore 20 ans et vous avez disputé vos premières 24 Heures du Mans. Racontez-nous…

Theodor : On mesure la chance que l’on a eue de vivre cette belle aventure au sein de l’équipe CLX Motorsport et avec notre partenaire ELF qui nous suit toute la saison en European Le Mans Series. Pour nous trois, c’était un rêve de disputer les 24 Heures du Mans.

Ian : J’ai commencé le sport automobile il y a cinq ans seulement et me retrouver au départ de cette course magique aussi rapidement dans ma carrière, je n’en reviens toujours pas.

Adrien : Très, très heureux bien sûr. J’avais disputé deux fois la Road to Le Mans, mais cette année, rouler au milieu des grands noms de l’Endurance et des Hypercars, c’était incroyable.

Quel est votre parcours en sport automobile ?

Theodor : J’ai débuté directement en monoplace, en Formule 4, avant de passer en Formula Régional puis en Endurance en catégorie LMP3.

Ian : J’ai commencé ma carrière en karting au Mexique avant de m’exiler en Europe et de disputer la Ligier European Series, une série organisée en partenariat avec TotalEnergies d’ailleurs. 

Adrien : j’ai commencé à courir en karting à quatre ans, avant de passer en F4, puis en prototype LMP3 en Le Mans Cup. Avec Theodor, nous avons remporté le titre LMP3 en European Le Mans Series l’an passé grâce à ELF et à l’équipe CLX Motorsport.

Pourquoi avoir choisi l’Endurance plutôt qu’une carrière en monoplace pour espérer courir en F1 ? C’est le rêve de tous les jeunes pilotes, non ?

Theodor : Non, pas pour moi. J’ai toujours voulu piloter en Endurance, disputer les 24 Heures du Mans. Au Danemark, on a une certaine passion pour l’Endurance avec « Monsieur Le Mans » Tom Kristensen ou encore Malthe Jakobsen qui roule chez Peugeot en Hypercar. J’aime l’état d’esprit de l’Endurance et c’est une discipline qui offre de belles opportunités pour les jeunes pilotes.

Ian : Quand on voit les grilles de départ en Endurance, avec ces différentes catégories, ces constructeurs engagés, toutes ces stratégies de course, cette technologie en Hypercar, je pense que la discipline est au sommet du sport automobile de nos jours. C’est là que je voulais être.

Adrien : Au début, je rêvais de F1 bien sûr et puis j’ai rencontré Julien, ingénieur chez Cool Racing qui m’a poussé vers l’Endurance. J’ai appris beaucoup de choses sur cette discipline que j’adore.

La semaine des 24 Heures du Mans a commencé avec le traditionnel Pesage en centre-ville, suivi par la journée Test, la Parade des pilotes… Racontez-nous l’ambiance

Theodor : C’était incroyable. Il y avait tellement de monde au Pesage et à la Parade ! Mon premier tour au volant de la LMP2, c’était très émotionnel sur ce circuit légendaire

Ian : Tous ces fans, j’ai signé des dizaines d’autographes, ça m’a surpris, je me suis pris pour un grand pilote, lol ! C’était cool. Et ensuite j’ai découvert le circuit. Quelles sensations dans les Courbes Porsche, et quelle vitesse en ligne droite en LMP2 !

Adrien : Oui, il y avait énormément de monde au Pesage et à la Parade. On a fait des dédicaces, des selfies, c’était fou. Nous sommes privilégiés d’avoir vécu des moments comme ça. 

Qui connaissait le circuit de la Sarthe avant ces 24 Heures du Mans ?

Theodor : J’avais déjà fait la Road to Le Mans, donc je connaissais le grand circuit. C’est un tracé difficile car il y a tous types de virages et de longues lignes droites. Il faut rester concentré pendant près de quatre minutes, c’est pas simple au début. De nuit, c’est carrément magique !

Ian : J’avais disputé une manche de Ligier European Series sur le grand circuit. Ce qui m’impressionne le plus, ce sont les longues lignes droites à plus de 300 km/h et des freinages très appuyés plusieurs fois dans le tour qui finissent par épuiser physiquement.

Adrien : Moi aussi je connaissais car j’avais disputé la Road to Le Mans deux fois. Il y a différents types de courbes, des virages lents et d’autres très rapides comme les Courbes Porsche ou Indianapolis où il faut être 100% focus.

Comment vous êtes-vous entraînés pour les 24 Heures du Mans ?

Theodor : J’ai fait pas mal de préparation physique avec des exercices spécifiques d’endurance. J’ai aussi travaillé sur simulateur pendant 24 Heures en plusieurs sessions.

Ian : J’ai fait beaucoup de simulateur avec des doubles et triples relais comme en course. J’ai aussi fait de la préparation mentale

Adrien : Beaucoup d’entraînement physique et de concentration avec des exercices très particuliers pour la vision, les réflexes par exemple…

Quels étaient vos objectifs au départ de cette 94e édition et les avez-vous atteints ?

Theodor : Je suis fier de cette cinquième place. Je me souviendrai toujours du soleil couchant et de la nuit. C’était magique. Merci à toute l’équipe CLX Motorsport et à nos partenaires. 

Ian : On rêvait de remporter la catégorie, mais la concurrence était très relevée avec de nombreux pilotes officiels en Hypercar l’an passé, d’anciens pilotes de F1… On s’est bien battus, c’est un bon résultat. Je suis fier d’avoir représenté mon pays aux 24 Heures du Mans.

Adrien : On s’était qualifiés 14e et on est remontés à la 5e place. Un top-5 pour nos débuts au Mans, aucune erreur, c’est plutôt pas mal…

Vous n’avez pas vingt ans, que représente la marque ELF pour vous ?

Theodor : Pour être honnête, je ne connais pas vraiment l’histoire de cette marque en sport automobile, mais je sais qu’ELF n’hésite pas à aider les jeunes pilotes et nous soutient dans notre programme Endurance. Je suis très reconnaissant pour ça

Ian : Moi non plus je ne connais pas vraiment le passé d’ELF. Je sais que TotalEnergies est une grande compagnie mondiale très engagées en sports automobile. J’ai porté les couleurs en Ligier Endurance Series et désormais en European Le Mans Series avec CLX Motorsport.

Adrien : Moi je connais bien, j’ai déjà vu des stickers ELF sur d’anciennes Formule 1, comme sur les Ligier ou la Tyrrell à six roues je crois. Je suis fier de porter ces couleurs à mon tour, en particulier au Mans.