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Antonio Felix Da Costa : « J'ai une relation de long terme à ce partenaire multi-énergies »

Antonio Maria de Mello Breyner Félix da Costa… Son palmarès est aussi long que son nom de naissance. À 34 ans, Antonio Félix da Costa est l’un des pilotes les plus éclectiques et performants sur la scène internationale. Double vainqueur du prestigieux Macau GP, champion du monde de Formule E, vainqueur des 24 Heures du Mans en LMP2, Antonio mène une brillante carrière en dehors de la Formule 1 qui lui a claqué la porte au nez. De retour en catégorie reine de l’Endurance au sein d’Alpine Endurance Team cette année, Antonio Félix da Costa est fier de retrouver les couleurs de la compagnie TotalEnergies (ELF en l’occurrence avec Alpine) qui l’ont accompagné dans ses meilleurs souvenirs sportifs.

Vous êtes né à Cascais, au Portugal, près d’Estoril et de son circuit légendaire. C’est de là que vient votre passion pour le Motorsport ?

Non, je ne pense pas. C’est sûr que le fait d’avoir grandi à côté d’Estoril a contribué à mon intérêt pour le Motorsport, mais c’est surtout à cause ou grâce à mes deux frères ainés qui faisaient du motocross et du karting. Ma famille travaillait aussi pour une marque de lubrifiant très impliquée en Motorsport… J’ai donc commencé par le karting avant mes dix ans, au Portugal, puis en Europe et en Asie-Pacifique.

Savez-vous combien de combinaisons de course différentes il y a dans votre armoire ?

Euh… Je dirais une bonne trentaine. Je les ai toutes gardées ! J’ai piloté pour tellement de marques et d’équipes différentes, dans de nombreux championnats. Mon premier contrat d’usine remonte à mes années karting avec la marque Tony Kart.

À 34 ans, vous êtes un pilote très expérimenté et un des plus polyvalents au niveau international.

Après le karting, j’ai évolué en monoplace, de la Formule Renault jusqu’aux portes de la F1, puis en DTM, en GT, en Formule E, en WEC… Je suis un grand fan des voitures de course quelles qu’elles soient. Un jour, Helmut Marko m'a dit : « Tu es un pilote de course, tu devrais courir chaque week-end. » Et j'ai bien retenu ses mots. Rien que la semaine dernière, j'ai piloté trois voitures de course différentes dans la même semaine. J'adore ça, cette polyvalence.

Si vous deviez retenir deux ou trois grands moments dans votre carrière, quels seraient-ils ?

Bien sûr ma double victoire à Macao en F3 (2012, 2016), mon titre de champion du monde de Formule E en 2020 et ma victoire au Mans en 2022 dans la catégorie LMP2. Mais pour être honnête, les moments les plus difficiles sont ceux qui forment vraiment votre vie et votre carrière. Certains d’entre eux ont été décisifs dans mes changements, mes améliorations, mes orientations etc. Je ne suis pas quelqu’un qui regarde trop en arrière, j’essaie de ne pas regarder trop en avant. Je préfère vivre l’instant présent.

Vous parliez de la victoire au Mans 2022 chez Jota. L’année suivante, vous avez découvert l’Hypercar en FIA WEC avec cette même équipe privée. Parlez-nous de ce championnat du monde d’Endurance.

J'adore l'Endurance. La première fois que je suis allé sur une course d'Endurance, je me suis dit : « comment vais-je survivre à ça ? ». Je roulais en DTM à ce moment-là, les courses duraient une heure et demie maximum, alors comment tenir 24 heures ? Je suis tombé amoureux de cette discipline, la camaraderie, la fraternité, l’esprit d’équipe... J’ai embrassé pleinement l’Endurance en commençant par la catégorie GT, puis les prototypes LMP2 et enfin les Hypercars. J’ai apprécié chacune des étapes : en GT, vous êtes dépassés par les prototypes. En LMP2, vous pouvez doubler les GT, mais il faut surveiller les Hypercars. Et en Hypercar, c’est à vous de vous dépasser ! Plus sérieusement, mes expériences dans les petites catégories m’aident à anticiper ce que vont faire les voitures que je m’apprête à doubler.

Vous êtes de retour dans la catégorie reine cette année au sein de l’équipe Alpine Endurance Team. Que représente cette marque pour vous ?

Dans ma carrière, j’ai eu la chance de représenter de nombreuses marques prestigieuses, Porsche, BMW, DS, Jaguar… Alpine, c’est une marque qui représente l’héritage, l’histoire, la culture du Motorsport. Alpine correspond parfaitement à ma personnalité. Je suis un peu de l’ancienne école et Alpine est une marque de l’ancienne école, au sens noble du terme, une marque historique qui communique à travers le Motorsport et met la technologie au service du plaisir de piloter.

Et avec Alpine Endurance Team, vous retrouvez les couleurs de ELF, une marque de TotalEnergies qui vous ont accompagné une grande partie de votre carrière.

Au milieu des années 2010, Total était sponsor du Red Bull Junior Team. En 2020, je portais encore les couleurs de Total pour mon titre mondial en Formule E avec DS Techeetah. Et cette année, ELF est partenaire d’Alpine Endurance Team. J'ai une relation de long terme à ce partenaire multi-énergies. J’ai même vu la naissance de TotalEnergies quand la marque a commencé à s’engager pour la mobilité électrique en Formule E. J’ai partagé de très bons moments avec les équipes marketing et opérationnelles de TotalEnergies. Alors porter les couleurs d’ELF cette année est une grande fierté.

ELF, Alpine, 24 Heures du Mans… Ça va être très « Frenchy » pour vous dans un mois !

Ça va être très émotionnel et pour plusieurs raisons. D’abord, disputer les 24 Heures du Mans pour des marques françaises, ça va être très spécial. On va avoir des milliers de fans à fond derrière nous. Et puis ce seront les dernières 24 Heures du Mans pour Alpine, alors à nous de rendre fière cette équipe et son patron, Philippe Sinault. Avec Philippe, c’est une longue histoire. Nos chemins se sont déjà croisés à l’époque de la F3 et mon manager, Tiago Monteiro, est un très bon ami de Philippe. Je suis tellement heureux de piloter pour lui.

Quelles sont vos ambitions cette saison, à la fois en FIA WEC ? 

Mon ambition est toujours de gagner, quelle que soit la course. En Endurance, on fait face à une concurrence incroyable avec une quinzaine de prototypes capables de monter sur la plus haute marche sur chacune des courses. Alpine a prouvé qu’elle pouvait gagner. On a fini quatrième à Imola, douzième à Spa-Francorchamps après une petite erreur en piste, alors j’espère que nous allons faire la plus belle saison possible et pourquoi pas monter sur le podium aux 24 Heures du Mans. Et puis je fais aussi quelques piges pour le team Inter Europol Competition en catégorie LMP2 dans le championnat américain IMSA. On a fini deuxième des 24 Heures de Daytona.

Le Motorsport a changé depuis votre arrivée sur la scène internationale il y a une quinzaine d’années et vous avez été directement témoin de cette évolution en Formule E et en FIA WEC. Quelle est votre vision du Motorsport ?

Le monde se dirige vers la décarbonation et le Motorsport suit logiquement cette évolution. La Formule E a été très innovante et continue de l’être avec la prochaine génération de voitures électriques, Gen 4 qui s’annonce incroyable. Le championnat WEC a toujours eu un esprit d’innovation pour réduire son impact environnemental via des actions concrètes comme l’utilisation du carburant durable TotalEnergies Excellium par exemple, et encourager le développement de nouvelles technologies comme l’hybridation, l’hydrogène… On voit que la Formule 1 prend ce virage également et que ce n’est pas facile. Nous devons tout mettre en œuvre pour que le Motorsport perdure et prendre soin de notre planète.